Interview de Benoît Hamon

Vous êtes aujourd’hui présent pour être le parrain d’un bateau qui va faire un long voyage. Ce dernier s’appelle le Rebelle. Qu’est ce que cela représente vous ?

C’est d’abord le point d’aboutissement de personnes que j’aime beaucoup. Camille et Aurélie vont s’installer pour former à la navigation au Portugal. Pour les gens qui ont envie d’apprendre à faire du bateau et être autonome en bateau. Ils sont partis de rien. Ils ont travaillé comme saisonniers pour essayer d’avoir le minimum de revenu. Ce revenu qui leur permettait de vivre le temps qu’à partir d’une carcasse bateau ils arrivent à reconstituer ce beau voilier. De plus de 11 mètres ! Et ils vont partir avec dans quelques semaines au Portugal.

C’est aussi parce que je les aime bien.

Et parce que, au fond, ils partagent un projet de vie qui va au delà du fait d’être ensemble et de faire un business au Portugal. Il y a un rapport à la mer, à la nature, à l’environnement, à l’écologie. Une envie de prendre soin des autres. Et aussi de prendre soin de la nature qui m’a séduit et qui m’a spontanément amené à accepter leur proposition de baptiser ce bateau. Je ne savais pas qu’il s’appellerait le Rebelle. Mais cela colle bien avec celui qui va être le skipper de ce bateau. Parce que Camille ce n’est quand même pas un garçon qui régit le doigt sur la couture du pantalon aux ordres qui tombent d’en haut.

Donc, ce nom le Rebelle, ça a une grande signification pour vous ?

Oui mais c’est surtout une signification pour lui. Avant toutes les grande réalisations, derrière toutes les utopies, il y a des rebelles à l’ordre établi, à la bien-pensante, aux conneries que l’on nous serine comme incontournable. Parmi ces conneries : que le capitalisme est forcément le seul système par lequel on s’en sortira.

Que l’on peut continuer à fonctionner sur un modèle productiviste. Qui pourtant produit des inégalités sociales et de plus en plus prédateur à l’égard de l’écologie. En tout cas à l’égard de l’écosystème et de la biodiversité et des conditions d’existence de l’humanité sur la planète. Donc  oui, cela me plait bien de dire et de revendiquer que parfois la dissidence, la rébellion à l’ordre établi est le point de passage obligé avant de grandes aventures pleines de liberté et d’émancipation.

Vous parlez de ces questions d’écologie qui sont très importantes. Une ville comme Lorient c’est très important pour vous ? Elle peut être à l’avant garde de ces questions sur l’écologie ?

Ce n’est pas quelle peut. C’est qu’elle doit. Parce qu’elle est ouverte sur le mer. Parce qu’elle est ouverte sur ceux qui font commerce de la mer et parfois dans des conditions abominable. On pense aux bateau de la marine marchande, dans les conditions de travail des marins souvent qui viennent de très très loin et qui sont exploités sur ces bateaux.

Quand on sait l’impacte des pollution maritimes aujourd’hui.

On a vu avec le grande américain encore récemment. Nous savons aussi l’impacte lié au plastique dans les océans, la fragilité de la ressource halieutique donc des poissons. Donc voilà, tout cela justifie qu’une ville comme celle-ci, qui a longtemps été un point de départ et un point d’arrivé aussi du commerce avec d’autres continents qu’elle soit tournée vers ce qui sera l’avenir des océans. C’est à dire, l’économie verte, l’économie maritime et un économie respectueuse des grands équilibres écologiques.

Retrouvez ci-dessous l’interview J’aime radio de Benoît Hamon lors du baptême du voilier le Rebelle.

Interview au Port de Kernevel à Lorient le samedi 30 mars 2020.

Shopping cart